Le carnet de l’aménageur
Le bocage du Véron est l’un des plus beaux et plus anciens bocages de la région Centre, situé au Sud du Véron, il borde la Vienne qui l’inonde presque chaque année. C’est une ancienne plaine marécageuse que l’homme a peu à peu façonnée pour pouvoir utiliser ces terres. Les premières haies du bocage du Véron pourraient dater du XIVème siècle (aveu du seigneur d'Abysme-en-Candes datant de 1314). Depuis plus de 700 ans, l’homme façonne donc ces terres, notamment en élaborant un réseau de fossés permettant d’assécher les marais qui occupaient le Véron.
Le Grand Cours :
Deux siècles de travaux et de lutte contre les grand seigneurs
Le Grand Cours est l'épine dorsale du réseau hydrographique du bocage véronais. Il débute au lieu-dit "Le Pas de Fougère, à la sortie du Lac de Tétine, un ancien bras de la Vienne. Après avoir suivi la rive droite de cette rivière, il s'infléchit vers le sud pour s'y jeter, en empruntant le lit du ruisseau, le Bouchet. Tout au long de ses 3,5 Km, il est alimenté par des fossés secondaires, creusés pour la plupart perpendiculairement à son cours, drainant ainsi l'ensemble des prairies du bocage.
Le creusement du "Grand Cours" fut ordonné dès 1956 par le sire de Destilly, qui y employa ses paysans corvéables. Mais l'ouvrage ne fut achevé que deux siècles plus tard, en 1774, par le Chevalier Aubert du Petit Thouars. Cet aristocrate féru d'agriculture eut à coeur de mettre en valeur les terres des environs, non sans faire main-basse sur une bonne partie des prés communaux. Seule la Révolution mit fin à ces spoliations, à l'issue de procès qui s'achevèrent au bénéfice des gens du pays. (texte du panneau n°9 du PNR)
La caractéristique principale de ce bocage est le réseau de double haies. De nombreux conflits de propriétés eurent lieux entre les seigneurs du Véron eux-mêmes et avec les paysans, ainsi pour affirmer leur propriétés, les seigneurs plantaient de chaque coté de leur terrains, leurs propres haies, constituant ainsi un double rideau d’arbres de part et d’autres des fossés.
Ces haies sont sans talus, constituées de saules, de peupliers, de frênes, de chênes pédonculés taillés en têtard. Les plus vieux arbres taillés en têtard ont un intérêt écologique particulier puisqu’ils abritent des chouettes chevêche ou des insectes dans les creux qui se forment au niveau de leurs têtes. Tous les 20 25 ans, les arbres étaient taillés en "truisses", "truissards" ou "têtards" (appellation locale) pour le bois de chauffe.
L'amadouvier : un champignon inflammable :
L'amadouvier est un drôle de champignon : il pousse perché sur les troncs de certains arbres et se transforme aisément en une matière très inflammable, l'amadou. Sa chair non comestible, détaillé en menus morceaux et desséchée, servait jadis à fabriquer des mèches de briquet. (texte d'un panneau du PNR)
La gestion du milieux bocager
Dans un contexte national de dépréciation des produits laitiers et de l’élevage, les agriculteurs ont tendance à se concentrer sur l’entretien de leurs vignes plutôt que d’entretenir leurs prairies dans le bocage. Une solution qui leur est proposé par un lobby bien organisé : planter des peupliers. C’est un moyen pour les propriétaires de rentabiliser leurs terrains sans beaucoup d’entretiens. Cet arbre à la faculté de pousser très rapidement (environ 5m par an) et il est prêt pour l’exploitation au bout d’à peine 20 à 25 ans. Alors que le peuplier noir est protégé et qu’il est conseillé de le planter, ce sont des peupliers américains qui sont plantés en alignement et qui poussent ainsi beaucoup plus haut. Ces plantations sont un désastre écologique pour le bocage : banalisation et fermeture des paysages, baisse de la biodiversité, barrière à la pose des oiseaux migrateurs...
Alors qu’ils menacent l’existence du bocage, des aides sont encore données aux propriétaires pour qu’ils plantent des peupliers, notamment via le fond forestier national et l’exonération trentenaire (devenue décennale) sur le foncier non bâti.
Le fond forestier national (Article R531-1 du Code forestier) :
Le fonds forestier national a pour objet de financer, dans la limite des ressources qui lui sont affectées, les interventions de l'Etat en faveur, d'une part, de la conservation, de la protection, de la reconstitution, du développement et de la mobilisation des ressources forestières et, d'autre part, des entreprises de travaux forestiers, ainsi que du développement et de la promotion des emplois du bois.
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Le bocage du Véron
18/04/08
La prairie de la Canche
Chemin du Véron
La fritillaire pintade
Double haies
Panneau sur le sentier du PNR
Galeries photos sur le Véron :